Episode 30 : Lima & Huaraz

Queridos amigos,

Si vous le voulez bien, on va s’en tenir à ça comme incursion dans la langue de Cervantès. Non pas que nous ne progressions pas : du fait de l’incapacité des autochtones du coin à parler l’idiome moderne de la sapience et de la puissance, il s’en suit que, à force de nous en servir, notre maîtrise du vulgaire du lieu s’améliore. Cependant, nous sommes bien loin de pouvoir nous risquer sans honte à un petit paragraphe entier.

Nous voici donc arrivés au Pérou (enfin, plus exactement, cela fait déjà trois semaines que nous y traînons nos guêtres, mais nous avons pris un peu de retard sur ce blog), pays qui vit tomber les Incas sous les arquebuses espagnoles, et qui pour l’heure nous sied davantage que son voisin Colombien du mois dernier. A notre goût, davantage de sites écrasants de majestés, plus de joies montagneuses comme on les aime, plus de confort général également, bref.

Ici, la prononciation de l’espagnol semble revenue momentanément à quelque chose de plus normal : les « y » et « ll » ont cessé d’être prononcés [dj] à la colombienne, pour revenir à un [y] plus standard. En revanche, toujours pas de « vosotros » : tout le monde continue de nous dire « ustedes » ici.

La nourriture y est appréciablement meilleure également, et pour l’heure, toquemos madera (je suis le premier à douter que ça se dise comme ça), ne nous a toujours pas rendus malades. Qui plus y est, dans un supermarché de Lima, j’ai même trouvé de la Häagen-Dazs en rayon, c’est vous dire s’ils sont bels et bien civilisés ! Je pourrais dès lors presque y vivre.

Les quelques images suivantes vous montreront nos premières visites à Lima même, notamment dans ses nombreux musées, dont plusieurs sont dédiés aux cultures pré-colombiennes. Vous y verrez qu’en plus de savoir faire de la poterie (clin d’œil particulier à la tante de Thomas), on savait aussi très bien déformer sciemment le crâne des enfants afin que leur appartenance éventuelle aux meilleurs castes puissent immédiatement se lire, à l’âge adulte, sur la forme de leur boîte crânienne. Nul besoin d’organiser des rallyes pour que les fils de bonnes familles trouvent à se marier : il suffisait de ne s’intéresser qu’aux belles à l’occiput le plus démesurément oblong, et l’on savait qu’on ne serait jamais pris à s’amouracher d’une gueuse.

Vous y découvrirez aussi nos premiers émois montagnards péruviens, près de Huaraz, au nord de Lima. Si nos passages près des lacs d’altitudes à plus de 4 500 mètres nous laissent de beaux souvenirs, nous nous rappellerons aussi à quel point ces rapides montées de plus de 1 500 mètres par rapport à l’altitude de la nuit précédente nous aurons méticuleusement déchiré la cervelle de maux de têtes violents (j’ai pour ma part passé 30 minutes fort désagréables en redescendant du premier lac, pâle comme un zombie et respirant et marchant comme tel, avant que ça ne daigne passer).

 Sur ce, il est temps de vous faire muchos besitos et de vous dire à bientôt !

 F & T

7 réponses

  1. Petite tendresse particulière pour la photo 42 qui me ramène à de familiers sentiers…Le reste du reportage est plus dépaysant!!Incroyables somptueuses couleurs des lacs (en plus « servies » sans la cervelle explosée!)et comme un grandiose Gavarnie en Pérou (37-38..) avec le murs de chutes cascadeuses sur sommets de neige . Pour les poteries je réserve la toute simple et belle de la photo 3…Quant à l’allusion (photo de la corde du guide providentiel ) à la descente sans matériel…je ne commente pas!!!Bref, encore une fois c’est tellement bien de recevoir vos images et impressions!! Merci!Bises du Moulin où il doit faire…25°…

  2. sympa vos photos qui arrivent juste après une émission sur FR3 « faut pas rêver » du 26 et qu’on peut revoir en replay pendant quelques jours. Emission sur le Pérou en particulier MachuPichu et un autre site encore méconnu et le lac titi -ha-ha + les mineurs d’or dans une ville à plus de 5000m. On comprend vos émois….essoufflements et autres céphalées même pour les péruviens c’est dur! Encore une belle destination qui nous tente depuis longtemps!
    Savez vous que la gastronomie péruvienne est réputée!
    Bises de : l-equipe-a-terre-aux-reves-andiens.com

  3. On rentre ce jour bronzés par le soleil de Bretagne, où nous avons aussi vu des paysages grandioses, variant avec les marées…Nous avons marché 4-5h00/j en bord de mer et on mesure bien l’effort fourni en haute altitude, mais quelle belle récompense qd on voit la couleur du lac!
    Vos photos font quand-même rêver! Tout comme Françoise, l’épisode de la descente sans matériel ni guide nous inquiète un peu…
    Pas de photos d’objet en or ds les musées: tous piqués par les Espagnols?
    Bises à tous les 2.

  4. Ben mon François, tu as tellement fondu que je peine à te reconnaître presque ! me revoilà après un été d’infidélité. Ce n’est pas notre silence, j’espère ???? Ou alors le manque de Agueunedace?? On a l’impression qu’on pourrait en mettre deux comme toi dans tes pantalons. Alors que le Thomas se défend, me semble-t-il.
    Splendides images, le photographe a encore progressé, je trouve, notamment pour les objets du musée, pas toujours faciles à prendre.
    Plein de baisers à vous deux, tout va bien en banlieue parisienne, les enfants prospèrent entre labeur et nonchalance dans une ambiance musicale qui s’est nettement améliorée, le RER cahote, les parents servent l’Etat dans la presque-sérénité.

  5. Là le dépaysement a dû être patent!
    Une question : il n’y a rien à faire pour se protéger des céphalées que vous avez eues?

    1. Si apparemment il y a le diamox, qui en gros accélère le rythme cardiaque, donc améliore l’arrivée d’oxygène au cerveau, ce qui peut prévenir les symptômes chiants. Mais c’est plus recommandé de le prendre lors d’événements vraiment balèzes, genre faire 3000 ==> 6000 m d’un coup (ce qu’on a failli faire en Colombie à Huayna Potosi). Pour des petites marches à la journée avec + 1500m par rapport à là on on a dormi la nuit d’avant, c’est un peu trop musclé comme cure.

      Il y a soi-disant les « sorojchi pills », qui sont supposés être la méthode un peu plus douce, mais c’est en fait juste de la caféine et de l’aspirine. J’ai déjà pris un café le matin, et un aspegic en montant, ça ne fait pas grand-chose. Bref, il n’y a guère de solution miracle.

  6. « La-tata-de-Thomas » et « la-mémé-de-Thomas » ont longuement regardé et admiré ces magnifiques poteries péruviennes, et sont prêtes à en adopter quelques unes ! Quant à vos échappées dans ces paysages sidérants, nous aurions ô combien aimé pouvoir les contempler avec nos propres yeux : impossible… Un énorme merci, donc, car vous nous évitez l’intolérable mal de crâne, tout en nous offrant ces panoramas époustouflants.
    « La-mémé-de-Thomas », de retour d’opération et de convalescence ( prothèse du 2è genou ), étant temporairement un peu handicapée, « la-tata » essaie d’assurer temporairement le quotidien.
    On va tacher de rattraper notre retard sur votre périple, et d’ici là, on vous souhaite de belles découvertes.
    On vous embrasse.
    Mamoune et Marie-F

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